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" Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie " Albert Londres
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" Le curé de Nazareth " est un médiateur pour la paix
Père
Emile Shoufani, prêtre melkite (catholique de rite oriental) est arabe
palestinien de nationalité israélienne. Depuis plus de 20 ans, il est
directeur de l’école Saint-Joseph à Nazareth. Un collège où mille
élèves, juifs et arabes, apprennent à se comprendre et s’écouter. Le
religieux reste persuadé que la fin du conflit Israélo-Palestinien ne sera
possible que si américains et européens s’accordent sur une position commune
concernant le moyen orient. De passage en Bretagne, il a confirmé ce qu’il a
toujours pensé : " Israël doit cesser l’occupation et
bénéficier d’une sécurité totale.
On rencontre de moins en moins de sages dans notre monde. J'ai la chance d'avoir croisé Emile Shoufani Interview
La paix est-elle envisageable ?
On s’en éloigne car les attentats suicides, que je condamne, ont mis la peur et la méfiance à l’intérieur de la population israélienne. La crainte est dans la rue alors qu’une confiance mutuelle commençait à s’installer. Les actes de violences doivent s’arrêter de parts et d’autres afin de reconstruire cette confiance. Il faut penser à une force internationale. Les Européens et les Américains doivent s’accorder pour une action sur place, qui servirait à rapprocher les gens. Malheureusement, après le 11 septembre, les Américains ont pris une position qui donne en Israël la possibilité d’entrer dans un aspect de la lutte contre le terrorisme, alors qu’il y a autre chose. La solution au problème israélo-Palestinien serait la moitié du chemin de fait pour la paix dans le monde, j’en suis sur.
Ce conflit ne date pas d’hier. Le dialogue entre Arafat et Sharon ne permet pas de faire avancer les choses. Doivent-ils rester en place ?
Avec eux, c’est sur qu’il y a un handicap. Mais le plus grand soucis c’est le refus de ce compromis auquel on était arrivé avec le processus d’Oslo. Il y avait une reconnaissance des deux peuples et un arrangement sérieux, une entente avec une solution, une certaine justice. C’était une bonne chose. Pour la paix, il faut qu’Israël cesse l’occupation, donne les territoires aux palestiniens et que la sécurité pour tous revienne. Les accords d’Oslo, tout le monde y était accroché. Sharon n’a jamais voté pour ce compromis, ni lui, ni son parti. Finalement les territoires occupés ont continué d’être colonisé. La présence de l’occupation est devenue de plus en plus dur par les couvre-feux, par la famine à Gaza et ces gens qui sont bloqués chez eux. On a fait une généralité en appelant obligatoirement les Palestiniens, des terroristes. Toutes résistances à l’occupation s’appelaient terroristes. Aujourd’hui, dans cette perspective de colonisation, d’occupation et de retour au référence religieuse, nous sommes devant l’impasse.
Faudrait-il changer Arafat ?
Ce que fait Sharon c’est d’imposer une paix, un silence à tous les Palestiniens sans leur donner leur droit. Arafat en tant comme politique fut amené par Israël. C’est Israël qui n’a pas appliqué les accords d’Oslo et affaibli Arafat. On voudrait qu’il soit responsable de tout mais c’est un jeu médiatique de critiques. S’il s’en va, c’est la droite palestinienne, c’est le Jihad islamique, c’est le Hamas qui arrivent. Personne ne peut accepter aujourd’hui cette directive de refuser Arafat. Il a tout donné, il n’a plus rien a donner. Personne ne peut actuellement le remplacer. D’ailleurs, le mensonge des médias israéliens c’est de dire on a tout donné aux palestiniens, alors qu’il n’y avait pas de propositions concrètes, pas de papiers écrits. Lorsque Sharon et son administration ont dit : " Les accords d’Oslo sont morts ", il faut savoir qu’ils n’ont jamais voté pour les faire vivre.
En 1998 vous disiez : " Pour peu que l’on sache être à son écoute, un esprit d’ouverture et d’universalisme souffle sur la terre sainte ". Est-ce toujours le cas ?
En 1998 on était parti avec la volonté de faire la paix et de s’entendre. En 2000, lorsque Sharon a visité l’esplanade du temple c’était terminé. Aujourd’hui on en est plus là, la guerre s’installe, la démolition des maisons, la famine, toute la violence. On revient sur nous-mêmes. Le gouvernement Sharon nous remet 40 ans en arrière. C’est un film que l’on a déjà vu. Je continue de croire qu’un jour on s’en sortira puisque les gens ont expérimenté la paix et l’entente, comme sous Rabin. La paix est possible avec des hommes de bonne volonté.
En tant que père et vu la fonction que vous avez, vous sentez-vous investit d’une mission particulière ?
Cette une mission et une vocation. En tant qu’homme d’église et chrétien, mon objectif est d’amener la paix. La première parole de l’ange Gabriel à Marie était celui là : " Paix à toi ". Ce message je l’ai toujours voulu parce que c’est véritablement se décentraliser pour donner à l’autre une importance. La paix sera préparée par des gens qui veulent que l’autre, à côté d’eux, existe. Il faut qu’il y ai une connaissance et un respect mutuel entre les personnes. C’est ainsi que je conçois ma mission.
Par rapport à un père qui est basé en occident est-ce plus compliqué ?
C’est d’un autre genre. Mais si l’on veut vivre notre mission de chrétien, partout où il y a des prêtres, l’objectif est de demander cette décentralisation de soi-même. On va vers la découverte pour comprendre que l’autre est là. Découverte du monde actuel, de sa vie et essayer de continuer cette mission de réconciliation. Chez nous, c’est plus dur de porter la souffrance chaque jour et de vivre dans cette violence continuelle, le recours à la guerre étant de plus en plus présent. Le déchirement intérieur est donc beaucoup plus grand. La personne qui veut entrer dans cette mission de paix doit être apte à une ouverture universelle.
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