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Ou simplement un humoriste à l'humeur
noir ?
En tout cas, il est l'inventeur
d'un nouveau maux (mot !)
le " Mouduglandisme ".
Dont voici la savante définition
Interview réalisé en 2002
par Yann Chollet
Lorsque l'on discute avec toi, tu parles sans
arrêt du " Mouduglandisme ".
C'est quoi ?
Ce terme résume l'apathie générale. C'est un phénomène occidental
qui
consiste à se vautrer dans le confort. C’est la certitude d’avoir raison,
de peur d’avoir tort. Les gens savent que la politique est gangrenée, que le
système économique est pourri, mais ils baissent les bras. Par mon métier
j'observe la société, mon constat est terrible. Le mouduglandisme, c'est le
canapé à 15.000, passer des radios 10 fois par mois, c'est la bière sans
alcool, le Canada Dry, le droit de fermer sa gueule en toute liberté, la fausse
provocation, l’hypocrisie généralisée devenue mode de vie, Amélie Poulain
qui triomphe.
C’est un phénomène du
troisième millénaire ?
Ce n’est pas nouveau, mais j’ai
le sentiment que cela empire. Paradoxalement la France a toujours été dirigée
au centre et pourtant quand les centres mous se présentent aux élections, ils
se vautrent. Bayrou
(la raie des fesses du paysage politique français) a fait
dans les 5 %, alors que logiquement il devait faire
80 %. Mais les électeurs
préfèrent voter fesse gauche et fesse droite, plutôt que trou du cul
directement.
Balancer comme ça c'est un peu facile, non !
T'as des solutions pour sortir de cette apathie ambiante ?
Moi-même, je suis pris dedans. Ce n'est pas à un
humoriste de trouver les solutions. Je suis là pour ouvrir le débat, donner un
coup de pied dans le tas de purin. Ensuite chacun se fait son opinion. Il y a
assez de dictateurs de la pensée et je n'en fais pas partie. Je suis plutôt
imparfait et bourré de défauts. Alors que BHL, lui,
est parfait. Le seul
problème est que son métier consiste à penser généralement et qu’il ne le
fait pas. Il pense bien, c’est tout.
Sur scène, parler du " Mouduglandisme
", même avec humour, c'est dire clairement aux gens qu'ils sont bêtes ?
Oui, en commençant par soi. Mais les gens
reconnaissent surtout leur voisin. Je n'aborde pas le sujet de front, mais ça
reste le fond du spectacle. En fait, je gueule pendant une heure et demie. Je
suis un éternel insatisfait qui cherche la petite bête, qui se nourrit de
colère. La scène reste le seul endroit pour s'exprimer sincèrement et ça
tombe bien c’est fait pour. Toute personne qui dit on n'y peut rien, a déjà
un pied dans la tombe et entraîne son voisin.
T'exagères non ! Il y a quand même les
médias qui ouvrent des débats. La télévision, la presse écrite, les radios
?
Le faire savoir a prit le pas sur le
savoir-faire, que ce soit pour les artisans ou les artistes, les chaussures ou
les idées. La presse écrite ne fait que ressasser les vieux discours entendus,
suit l'opinion incertaine et s'autorise des trucs comme la pensée unique. Le
consensuel, le politiquement correct c'est du "mouduglandisme".
Bourdieu en parlait bien, il va nous manquer. Quand je vois ce que certains
journalistes ont écrit après sa mort, alors qui lui ont tiré dessus pendant
des années. Colombani, qui décrète après
les événements du 11 septembre
aux Etats-Unis : "Nous sommes tous américains", c’est du terrorisme
moral.
Rassure-moi, tous les journalistes ne sont pas
comme ça ?
Non, ils voudraient faire leur boulot honnêtement
ou essayent, mais le fait est que tous ne se posent pas autant de questions.
Certains façonnent le système de penser des gens. Ils racontent des inepties.
Je trouve cela sournois, terrible.
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