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" Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie " Albert Londres
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Interview exclusive réalisée et passée dans France-Soir en 2003 Rencontre exceptionnelle avec Florent Pagny qui est vraiment cool, accueillant et réceptif. Il répond aux questions sans détour. Son album " Ailleurs Land ", quoiqu'en disent LIBERATION ou d'autres, est bien calé et mérite l'écoute Florent, si tu lis cette page, téléphone-moi
( Crédit Photo : Samuel Sauneuf )
Dernière
chanson un gros tube ? La liberté de penser mais de penser quoi ? La
liberté de penser ce que tu veux. La liberté c’est justement de penser ce
que tu veux. Après, à toi d’avoir suffisamment de choses en toi pour ne pas
déraper et ne pas partir dans des plans à la con. La liberté c’est de
penser et de s’exprimer. En
ce moment tu penses quoi, de ton retour en France ? C’est pas trop dur de
revenir là ? Oh
j’amuse bien. Je pense que j’ai de la chance et que je fais bien d’en
profiter. Autrement, je suis là quand même, je reviens pas de loin, je reviens
d’où je suis. C’est bien ça fait un équilibre. Là bas au bout d’un
moment, l’année dernière, je suis venus 3 semaines en France sur l’année.
Donc j’ai passé pratiquement tout l’année là-bas. Revenir ici et faire
tout ce que je fais, ça faisait 5 ans que j’avais pas fait de promo et là je
commence à saturer. Je sature de la promo. Heureusement que je commence les
spectacles aujourd’hui donc j’entre d’un autre cycle qui va être la scène,
c’est plus normal pour moi et plus intéressant. La promo au début c’est
rigolo, au bout d’un moment t’as l’impression de te répéter et à vendre
ton beefsteak et à la fin tu finis pas plus être toi-même. Et moi, je suis
mieux quand je suis moi-même que quand je commence à tricher ou être poli.
Regardes je suis passé chez Ardisson dernièrement et j’étais fatigué et du
coup pas terrible. Tu
es passé chez Drucker quand même ? Là
j’étais moins fatigué, c’était l’après-midi (rire). Et Drucker
l’avantage, c’est que tu te met dans le fauteuil et puis t’attends. Il
fait tout le boulot. Attends lui, il a les questions, les réponses il s’en
fou un peu. Mais bon, il a bien ses enchaînements, il prépare bien ses sujets
c’est trucs, il t’envoie tout ça et tu passes un bon moment. Mais t’es un
peu spectateur de ton histoire, puis il a tellement de métier que tout va bien.
C’est vrai qu’Ardisson a tendance à vouloir aller dans des trucs. Quand
t’es en forme c’est rigolo, tu peux rebondir, quand t’es fatigué que ça
va pas, tu comprends même pas. Tu fais qu’est qu’il y qu’est-ce qu’il y
a, je comprends pas ce que tu veux dire ? Et il te dit bon laisse tomber,
tu vois. A la fin ça devient presque pas bien, à un moment il faut se calmer. La
vie quotidienne que t’as là-bas par rapport à ici ? (Rire)
Oh il a une similitude avec ce que je vis ici, c’est jamais vraiment la même
chose. J’ai jamais de journées régulières à faire tout le temps le même
truc. Donc ici c’est un registre peu speed, là-bas c’est dans un registre
un peu cool. Ça n’a rien à voir, il y a personne, c’est vraiment cool.
T’imagine, t’es avec ta femme, tes gosses, il y a deux trois personnes qui
travaillent dans le campo et voilà, tu te démerdes. Personne ne vient
m’emmerder là-bas, ça je veux pas. C’est
le choc quand tu reviens ici, ça te fais plaisir de revenir ? En
même temps, je suis d’ici. ça me fait plaisir de revenir. Ça le fait. Là-bas,
c’est bien les moutons et le désert, génial, mais au bout d’un moment
t’a envie de parler. Tu vois j’aime bien parler en plus. Il y a des moments
j’ai envie un peu de savoir ce qui se passe sur la planète. C’est pas forcément
intéressant mais en même temps, ça fait partie de mon époque, de ce que je
vis. Je ne suis pas non plus complètement larguer. Tes
problèmes avec le FISC ? Le
FISC essaye bien de me coincer lorsque je reviens en France, mais comme ils
n’ont pas raison donc ils ne veulent pas admettre leur tord, mais ils n’ont
pas raison. C’est la vérité parce que s’ils avaient raison, je ne serais
pas là à te parler. Pas avoir raison pour eux c’est une chose, mais ils ne
veulent pas admettre leur tord. Ça
fait un an et demi que j’attends. Les
intermittents ? Attends
les intermittents du spectacle : Plutôt que le spectacle à intermittence, je
préfère le spectacle continu alors qu’ils continuent. T’en
pense quoi de la planète avec ce retour dans la meute ? (Rire)
Il y a plein de choses à faire. C’est intéressant, on est dedans nous, on va
dans ce truc là. On va commencer à
vouloir sortir du flux. Il faut juste l’assimiler le comprendre et savoir ce
qui se passe. Certes, on n’est tous embarquer, on essaye de l’être le moins
possible. Et
la barque elle va où ? T’as la possibilité de parler plus que les
autres ? Je
pense que la solution viendra
lorsque tout nos enfants sont métis. Donc quand tous les sangs seront mélangés,
alors on aura dépassé ce moment de xénophobie et je pense que ça mettra un
peu de temps. Je pense que le jour où tout les enfants ont le sang mélangés,
déjà il y aura plus le problème : de se détester les uns les autres
puisqu’ils se diront que les origines viennent de partout. Et à force de se
taper sur la gueule et de déraper comme on dérape sous tous les prétextes que
ce soient un moment les mômes verront que ça va, on arrête. La solution passe
par eux et les enfants qu’ils auront. Nous on ira encore au charbon. Tout passe par eux. Tu
penses quoi de Manu Chao et de ce qu’il fait ? Ah Manu Chao c’est géant. J’apprécie. Manu il se fait pas embarquer dans un délire, il fait ce qu'il veut. Et puis bon, je crois qu’on fume aussi les même trucs. Texte Yann Chollet
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